Créative entrepreneuse : Mary Castel

« Vive la porcelaine French Touch ! »


À 40 ans, Mary Castel a fondé Maison Fragile : un éditeur de porcelaine qui rend hommage au patrimoine limougeaud de l’art de la table, avec un twist très French Touch.

Mary Castel a grandi dans le monde délicat de l’art de la table. Très jeune, son arrière-grand-mère Henriette, qui tient un magasin de porcelaine rue de Paradis (Paris Xe), l’initie à ces traditions pleines de charme mais largement oubliées, qu’elle découvre avec émerveillement. « Même pour les pique-niques, elle préparait des paniers avec des assiettes en porcelaine ! Elle détestait le plastique » nous dit Mary. Derrière une porte fermée à clé de son petit appartement, Henriette conserve précieusement les pièces les plus fragiles. C’est aussi un lieu interdit aux enfants, qu’elle ouvre seulement si son arrière-petite-fille reste sage, bien sage...
Que faire d’un héritage familial si précieux ? Cette question, Mary se la posera longtemps. Dix-huit ans, pour être précis. Elle travaille longtemps comme chef de projet dans les grandes agences de communication de la capitale (DDB, BETC, Havas, La Chose), tout en gardant intact cet amour pour le beau.


Liberté, Égalité, Fraternité

La décision de tout quitter pour lancer Maison Fragile s’est faite au fil du temps. « J’ai réalisé que je perdais mon temps dans la communication, que les choses n’étaient pas assez concrètes. Quand j’expliquais mon métier à mes enfants, je voyais bien que ça ne les faisait pas rêver. » Elle entame alors un cursus en e-commerce à Dauphine et présente « Maison Fragile » pour son diplôme de fin d’études. Devant les encouragements de ses pairs et de sa famille, le projet se concrétise et son réseau, tissé au fil du temps, embarque dans l’aventure. Mais un autre événement, plus tragique celui-là, achève de la convaincre : les attentats de Charlie Hebdo du 7 janvier 2015 puis ceux du Bataclan le 13 novembre de la même année. « Après ça, mon regard a changé sur les valeurs républicaines. J’ai eu envie de faire quelque chose pour la France. » Mary va faire travailler des artisans de Limoges et des artistes French Touch pour donner aux vaisseliers une allure de galerie d’art. En avril 2017, Maison Fragile est lancée.




Une ascension fulgurante

Pour sa première collection, « Rue de Paradis », qui rend hommage à Henriette, Mary fait appel à des artistes comme le plasticien Étienne Bardelli ou l’illustratrice Vainui de Castelbajac. Une autre collection, « Les Françaises », s’inspire directement d’une série photographique de Sonia Sieff : de jolies fesses chatouillées d’un pompon, et imprimées sur toute la surface de l’assiette. « Aujourd’hui, Maison Fragile cartonne. Nous avons eu un pop-up store au Bon Marché, nous signons des contrats avec des hôtels et des restaurants étoilés, des palaces, des grands chefs... On emploie trois personnes à plein temps à Limoges, et des stagiaires à Paris. Nous avons atteint en un an nos objectifs sur dix-huit mois. » D’autres collaborations sont à venir, notamment avec la danseuse Marie-Agnès Gillot, le dessinateur Jean-Michel Tixier (lui aussi limougeaud) et la jeune illustratrice Amélie Barnathan. Un succès qui séduit jusqu’à l’Élysée : pour Brigitte Macron, Maison Fragile a créé des coupelles spécialement pensées avec Guillaume Gomez, le chef des cuisines du Palais. Quand elle était petite, Mary Castel voulait être galeriste. « Au fond j’ai réussi. Tout ce que j’ai fait avait une cohérence. J’ai accompli mon rêve en valorisant le travail des artistes, des céramistes et des artisans qui façonnent à la main les créations de Maison Fragile. » Les artistes qu’elle fait travailler apportent certainement à l’art français de la table la petite dose de folie qui lui manquait.
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